MEDIATISATION= ELECTION ??

Publié le 15 Octobre 2010

Sylvie Pierre-Brossolette
Le regard
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Sylvie Pierre-Brossolette

Publié le 14/10/2010 à 12:42 Le Point.fr

 

Nicolas Sarkozy ou la stratégie du funambule

Par Sylvie Pierre-Brossolette, directeur adjoint de la rédaction du Point

Nicolas Sarkozy ou la stratégie du funambule

Alors que les manifestations contre la réforme des retraites n'en finissent pas, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de continuer à réformer le pays © Sipa

 

"Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j'attaque !" Cette réflexion du général Foch en pleine bataille de la Marne pourrait s'appliquer à la stratégie de Nicolas Sarkozy. Alors que la contestation contre sa réforme des retraites prend une vilaine tournure et que ses sondages sont au plus bas, il choisit de foncer. Pas question de passer l'année 2011 à se contenter de nettoyer des textes, comme il l'avait indiqué au lendemain des régionales. Il réformera jusqu'au bout, a-t-il annoncé aux députés du Nouveau Centre, invités à déjeuner à l'Élysée mercredi. La dépendance, la fiscalité, la justice, la gouvernance mondiale, l'emploi des jeunes, autant de fronts que le Président a décidé d'ouvrir alors que le conflit des retraites n'est pas encore derrière lui. Cette forme de fuite en avant est typique de la méthode Sarkozy : toujours surprendre, imposer son sujet, mettre l'adversaire au pied du mur. Avec son instinct d'homme de campagne, il a compris que l'immobilisme le tuerait. Plutôt risquer son va-tout sur de nouvelles mesures que de rester l'arme au pied sous le feu de l'opposition.

Un des dossiers les plus délicats va tout de même être la réforme de la fiscalité du patrimoine. Objectif : faire disparaître le bouclier fiscal devenu un boulet politique, "symbole d'injustice", comme l'a admis François Baroin. Mais comment le supprimer sans liquider également l'ISF ? Et comment compenser la perte financière d'une suppression de l'ISF (le bouclier coûte 700 millions d'euros mais l'ISF rapporte près de 4 milliards) ? Et comment ne pas faire hurler la gauche contre une mesure favorable aux plus aisés ? Et comment les taxer autrement sur le patrimoine ou sur l'épargne sans que cette catégorie ne se sente flouée par le président qu'ils avaient en partie élu pour bénéficier du bouclier à 50 % ? Le rapprochement des fiscalités françaises et allemandes ne constituera pas un argument politique suffisant si une solution équilibrée n'est pas trouvée. Nicolas Sarkozy s'est donné six mois pour résoudre la quadrature du cercle.

AliceEn attendant, il aura un nouveau gouvernement pour mieux le défendre, du moins l'espère-t-il. Il aura aussi mis les familles de son côté en réglant le terrible problème de la dépendance. Mais cette réforme aura un coût. Il va falloir faire payer le contribuable. Ce que le président gagnera d'un côté, il peut le perdre de l'autre. Ce sera son lot jusqu'à la fin du quinquennat. Il devra jouer l'équilibriste. Mais il a clairement chosi : plutôt la stratégie du funambule que celle de l'endormi.

On pourrait ajouter:mon seul probléme est de gagner l'élection de 2012.

Rédigé par moulin

Publié dans #Languedoc-Roussillon

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