DETTE+IMPOTS TROP ELEVE
Publié le 20 Juillet 2010
Le piège de la dette publique française
(Si nous avions appliqué cette règle(gel des dépenses) depuis 10 ans, le budget de l’Etat serait en excédent, au lieu d’être en déficit de quelque 142 milliards en 2009. L’année dernière 40% des dépenses de l’Etat n’étaient pas financées, si ce n’est par l’emprunt)
Mais ce gel comportera deux exceptions : les pensions de retraites prises ne charge par le budget, et les dépenses liées aux remboursements d’emprunts.
S’agissant du coût des pensions, on sait qu’elles représentent le tiers de la charge financière d’un fonctionnaire. Pour stabiliser ce poste il faudrait donc réduire fortement le nombre des fonctionnaires actifs, ou modifier le statut des nouveaux recrutés. Avec le non-renouvellement d’un départ de fonctionnaire sur deux, on est très loin du compte…
S’agissant du coût des emprunts, pour financer une dette qui approche les 1600 milliards d’euros, il est prévu que sur les trois années considérées, l’augmentation annuelle sera de 9%. Et encore, à condition que les taux d’intérêt augmentent modérément.
A noter : les emprunts d’Etat sont remboursables in fine. Contrairement aux prêts des particuliers, ils ne sont pas «amortissables». Chaque année l’emprunteur paye des intérêts à ses prêteurs (ce sera 44 milliards d’euros en 2011 et 57 en 2013). Et, quand ce prêt arrive à échéance, il en souscrit un nouveau pour rembourser l’ancien. C’est la raison pour laquelle l’Etat français devra cette année trouver plus de 300 milliards d’euros sur les marchés financiers. Près d’un milliard par jour…
Désormais, la charge de la dette est deux fois plus lourde que le budget de la recherche et des universités ; dix fois plus importante de le budget de la justice !
Les limites de la mauvaise gestion sont franchies !
La situation sera bientôt hors contrôle : si la croissance mondiale est insuffisante, les recettes fiscales stagneront, et si la croissance est plus forte ce seront les taux d’intérêt qui renchériront la dette…
La situation de la France n’est plus très éloignée de celle de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne, pour ne considérer que trois pays ayant l’euro pour monnaie.
Il n’y a pas d’autre solution que de commencer à démanteler un Etat-providence que nous n’avons plus les moyens de supporter financièrement. C’est d’ailleurs ce à quoi doit se résoudre le nouveau gouvernement britannique.
Alain Dumait
Président fondateur de Contribuables Associés
Lundi dernier 11 juillet 2010, François Baroin présentait à l’Assemblée Nationale les orientations budgétaires du gouvernement pour la période 2011-2013.
Il a confirmé que la consigne était désormais un gel en volume des dépenses publiques. C’est exactement ce que notre association réclame depuis dix ans…
POUR MEMOIRE:évolution de la dette depuis 2006:
L'état a un vrai problème de train de vie, par Bruno Cavalier
L'antagonisme entre la rigueur et la croissance est un débat insoluble parce qu'il fait entrer en collision le court et le moyen terme. Si vous choisissez la croissance par la relance budgétaire, vous fabriquez de la dette qui, à terme, tuera la croissance. Comment voulez-vous faire de l'équité sociale ou avoir les moyens d'épauler votre économie, quand la charge de la dette française absorbe l'intégralité de l'impôt sur le revenu, soit 45,8 milliards d'euros pour celui-ci et 47,5 milliards pour celle-là ?
Pour moi la réponse est : le retour sur investissement doit payer l'annuité de l'emprunt contracté pour réaliser l'investissement destiné à relancer l'économie.
Cette notion de retour sur investissement est probablement inconnu par nos politiciens de métier d'ou la reaction des investisseurs internationaux:
L'Agence pour les investissements internationaux insiste sur le décalage entre perception et réalité, notamment en matière de fiscalité des entreprises.