PRIVE/PUBLIC
Publié le 9 Septembre 2012
Michel Guyot, propriétaire et restaurateur du château de Saint-Fargeau (Yonne), a eu une idée folle, celle de construire un château fort avec les moyens du XIIIe siècle. Depuis 2000, Guédelon s’autofinance à 100%.
En quelques mois, il rencontre différents partenaires : archéologue, architecte, mécènes…
La forêt de Guédelon (Yonne) est choisie pour développer le projet. Tout y est en abondance : carrière de pierre, forêt de chêne et surtout de l’eau. Le 20 juin 1997, la première pierre est posée…
« Guédelon chantier médiéval » est une société à actions simplifiées (SAS), dont tous les bénéfices sont réinvestis dans la structure. L’association Les amis du chantier médiéval reste propriétaire des terrains et des bâtiments (château compris). A l’origine (1996-1997), la société a pu s’appuyer sur plusieurs partenaires. Les Fondations Macif et Odéon ont aidé à la construction d’un bâtiment d’accueil.
Plus de 300 000 entrées par saison
L’État, la région et le département ont financé trois emplois jeunes. L’Union européenne a soutenu le projet via le fonds « Leonardo da Vinci ». EDF a fait don d’une voiture au gaz. La Poste a contribué à imprimer les premières plaquettes de présentation. Enfin, l’impression du premier livre sur Guédelon a reçu le soutien de la Fondation Canal +.
Depuis 2000, Guédelon s’autofinance à 100 % grâce aux 3100 00 entrées par saison. Les recettes de la boutique et le loyer de l’espace restauration participent également au financement.
La société ne bénéficie d’aucun abattement fiscal. Contrairement à beaucoup de projets culturels, le chantier de Guédelon ne reçoit aucune subvention de fonctionnement, « surtout pas » nous affirme Michel Guyot.
« Le fait d’être autonome financièrement nous permet une grande liberté de fonctionnement et une rapidité d’exécution » déclare Delphine Bourselot, chargée des relations avec la presse.
L’évolution du chiffre d’affaires est d’ailleurs le signe d’une bonne gestion puisqu’il est passé de 2,5 M€ en 2007 à près de 3,2 M€ l’an dernier. La société compte aujourd’hui 72 salariés.
Le chantier devrait prendre fin en 2022.
Pierre Bergerault
Exemple à suivre. Qu'en pense notre ministre de la culture? Contrairement à ce qu'elle pense le privé fait plus que le public et pour moins cher.