PRESIDENTIELLE 2012:SUITE

Publié le 6 Mars 2012

L’agriculture industrielle ne « respecte » rien :

-les sols : les sols se sont considérablement appauvris depuis le lancement de la PAC dont les objectifs fort louables lors de son lancement en 1962 ont été sensiblement dévoyés .Aujourd’hui les rendements plafonnent en dépit de tous les intrants pour « enrichir » les sols

-l’environnement : pollution des eaux et de l’air On trouve même des pesticides chez les Inuits du pôle nord !

Les animaux : le rendement des vaches laitières a été multiplié par quatre …mais leur espérance de vie divisée par deux !

Les agriculteurs : Ouvriers ( d’aucuns disent même « esclaves ») de l’industrie agro alimentaire ils risquent de perdre la confiance du grand public pour peu que des « catastrophes alimentaires » (vache folle etc…) se reproduisent. Le paradoxe est qu’ ils en sont pourtant les premières victimes ! Plus récemment ils prennent conscience que les produits qu’ils utilisent depuis des dizaines d’années sont dangereux pour leur santé . Le malaise est grand dans cette pop)ulation où le taux de suicide est trois fois supérieur à celui des cadres

-les consommateurs : Les citoyens commencent à s’interroger sur la qualité de leur assiette ! Il leur reste à s’organiser en soutenant des mouvements citoyens comme le MDRGF par exemple !

La nouvelle PAC pourrait changer la donne mais les citoyens doivent être très vigilants car ils sont les premiers concernés

Les deux « visions » de l’agriculture : Schématiquement on peut distinguer : 1- l’agriculture industrielle (celle de la PAC actuelle en caricaturant à peine !) faite de grandes exploitations, de monoculture, d’utilisation d’intrants chimiques et de spécialisation à tel point que l’on assiste insensiblement à une rupture entre deux « mondes » chez les agriculteurs : les céréaliers et les éleveurs 2-l’agriculture familiale (pour simplifier l’agriculture de nos ancêtres avec les outils d’aujourd’hui ) faite de fermes à taille humaine que l’on voit timidement « réapparaitre » mais qui ne bénéficient jusqu’ici d’aucun soutien spécifique significatif

Ces deux visions sont au cœur des débats actuels du parlement européen : Une « partie » importante se joue actuellement à Bruxelles. Pour la première fois dans l’histoire européenne les représentants des citoyens européens ( les députés européens) sont co -décisionaires. Une première « bataille » a été perdue, celle de l’appellation de la PAC . La proposition de transformer la PAC en PAAC (politique agricole et alimentaire commune ) n’a pas été retenue. Ce changement d’appellation aurait eu pourtant , à mon avis, un poids symbolique fort car tout un chacun aurait mieux perçu la vraie finalité de l’agriculture européenne : nourrir sainement tous les européens et pas seulement les agriculteurs ! Les agriculteurs sont inquiets, voire désespérés pour certains, quant à leur avenir professionnel, les citoyens sont de plus en plus inquiets, eux, sur le prix et la qualité de leur assiette. Finalement nous sommes tous « agriculteurs » ! Une deuxième « bataille »paraissait bien engagée avec le premier rapport que Dacian Ciolos, commissaire européen à l’agriculture avait rédigé en 2010. Ce rapport reprenait, pour l’essentiel, les demandes des citoyens européens telles qu’elles ressortaient d’une enquête qu’il avait lui même lancée en avril 2010 : « 1- une offre alimentaire saine et sure 2-la garantie d’une utilisation durable des terres 3-des activités qui soutiendraient les communautés et les régions rurales 4-la sécurité de l’approvisionnement alimentaire » .Il prévoyait, entre autres, le soutien aux petites fermes, la dégressivité des aides pour rééquilibrer leur répartition, le plafonnement des subventions, la rotation des cultures etc…

Malheureusement lespropositions législatives présentées le 12 octobre 2011 ne sont, aux dires des spécialistes, malgré les apparences ( l’ « habillage », dans lequel on insiste sur le « verdissement » est attractif ) , qu’un pâle reflet du premier rapport. On n’y retrouve plus, entre autres, le « soutien aux petites fermes chères à Dacian Ciolos et vitales pour le tissu rural » sauf à considérer que ce qui est proposé (500 à 1000 euros par an) est de nature à faire basculer l’agriculture industrielle vers une agriculture familiale !! Entre ces deux dates la « pression » feutrée mais efficace des lobbies avait fait son œuvre ! On n’imagine pas la puissance des lobbies de l’industrie agroalimentaire. Je ne résiste pas à vous faire part d’une anecdote vécue : en 2007 j’assistais à Perpignan à un atelier « santé » du grenelle de l’environnement ; lors des débats une intervention remarquée et presque convaincante avait « innocenté » les pesticides. L’intervenant avait simplement oublié de se présenter ! il s’agissait d’un patron de l’industrie phytosanitaire, que j’ai "démasqué" devant une assistance médusée ! un « détail » certes par rapport à ce qui est en jeu à Bruxelles mais le diable ne se loge-t-il pas dans les détails ?

Comment les citoyens peuvent-ils intervenir et pour dire quoi ?

Le sujet est complexe et seuls les initiés peuvent l’appréhender dans sa globalité. 9 régions d’Europe , jugeant les propositions législatives de la commission inadaptées, ont donné récemment leur point de vue sur les orientations générales de la nouvelle PAC.

Bien que non spécialiste chaque citoyen est néanmoins concerné au premier chef . S’agissant du premier besoin « vital » ( l’alimentation) nous devrions nous sentir tous « agriculteurs » ! Or ,comme le montre une enquête récente TNS Sofres sur l’agriculture et l’alimentation notre méconnaissance du sujet est abyssale ! Il est difficile, dans ces conditions, d’établir un « constat collectif, partagé par l'opinion et qui reflèterait la réalité de la situation du monde agricole, ses enjeux, ses évolutions majeures ». Tout au plus pouvons nous « accrocher » à quelques réflexions de bon sens : En « tuant » la polyculture-élevage le productivisme a mis fin à un mode agricole qui portait depuis la nuit des temps une « écologie territoriale » tout en maintenant dans nos villages un minimum d’emplois agricoles et, de ce fait, un « dialogue » salutaire entre producteurs et consommateurs. Il n’est certes pas question de faire du catastrophisme mais de poser simplement des questions jusqu’ici « tabous » posées depuis longtemps par des « lanceurs d’alerte » et qui commencent à émerger dans le grand public grace à l’action constante et tenace de mouvements citoyens

En définitive, la question à poser à nos élus pourrait être simplifiée au maximum : « Etes vous partisan d’une agriculture familiale ? Si non pourquoi ? Si oui, comment ? »

Mail de:websdugevaudan

 

 

   Vaches socialistes

Rédigé par moulin

Publié dans #La Droite

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