LE LIBERALISME
Publié le 9 Août 2010
jeudi 05 août 2010
Devoirs de vacances - Comme promis, je profite du mois d'Août pour ressusciter de vieux textes. Celui
ci, libre adaptation de mon vieux discours en Anglais de Gummersbach (publié ici même avant hier), fut publié en
2006 par la revue "controverses" et l'institut Hayek. En conséquence, quelques parties sont un peu démodées, mais pas tant que cela. Les RG ont été rebaptisés depuis, mais
malgré cette réforme de fond ;-) les constats d'il y a 5 ans restent valides.
Ah, au fait, les puristes me reprocheront de démarrer mon histoire à la fin du XIXème siècle, passant sous silence l'histoire du centralisme Français depuis Henri IV, Jean Bodin, Louis XIV, en passant par l'administration impériale. En contrepartie, ce texte déjà long reste dans des limites encore supportables. Alors, bonne lecture !
Anti-libéralisme français
Les étrangers avec lesquels je suis en contact sont souvent surpris par le parti pris anti-libéral ouvertement affiché par les français, leurs représentants politiques et leurs medias. Cette question les touche, car la France apparaît aujourd'hui comme la principale force de blocage des réformes au sein de l'union européenne comme de l'OMC. Ces résistances, qui ont considérablement freiné et empêchent encore l'ouverture de nombreux marchés, de l'agriculture à l'énergie, en passant par les services, sont particulièrement dommageables pour les économies en phase d'émergence. Bien que cet intérêt pour des questions apparemment franco-françaises puisse paraître surprenant, beaucoup sont ceux hors de nos frontières qui souhaitent savoir pourquoi la France est tellement anti-libérale.Répondre à cette question oblige rapidement à éviter les raccourcis simplistes et les théories uni-causales. Des forces politiques anti-libérales existent dans tous les pays du monde. Même aux USA, la dernière campagne du parti démocrate a démontré une radicalisation de la gauche américaine contre l'économie de marché. Mais partout dans le monde, ces idées très à gauche sont efficacement contrebalancées par un fort courant libéral qui a réussi à convaincre une part non négligeable de l'opinion publique et du monde politique que les idées qu'il portait étaient le plus à même d'améliorer grandement le sort de la plus grande part de l'humanité, y compris des plus déshérités. Même des politiciens supposés de gauche comme l'étaient Bill Clinton et Tony Blair, élus sur des programmes très socialistes, ont adopté une fois au pouvoir des politiques économiques d'inspiration libérale, comprenant qu'elles seules étaient à même de produire les richesses nécessaires pour financer les volets sociaux de leur action.
Rien de tel en France. Le libéralisme est un nain politique, et même la droite de notre échiquier politique reste acquise aux recettes interventionnistes et keynesiennes qui ont pourtant prouvé leur incapacité à nous sortir de la crise vécue par notre économie depuis 1973. Lors des élections présidentielles de 2002, sur 16 candidats, un seul affichait clairement son orientation libérale. Il n'a pas atteint 4% des suffrages, un peu moins que le candidat des chasseurs ! Les quatre candidats communistes et assimilés ont totalisé 14%, l'extrême droite, au programme très interventionniste et anti-mondialiste affirmé, a atteint 19%, les écologistes 7% et les candidats des partis dits de gouvernement, qui ont tous pris soin de se dissocier du libéralisme, et dont certains, à gauche, flirtaient volontiers avec les extrêmes, ont monopolisé les 50% restant.
Pourtant, jamais n'aurons nous autant entendu parler de libéralisme que lors de la campagne référendaire européenne. Selon les avocats du oui, la constitution devait nous « protéger des excès de l'ultra-libéralisme », néologisme commode brandi en toute circonstance par les interventionnistes comme l'épouvantail source de tous nos problèmes. Selon les partisans du non, cette constitution était beaucoup trop libérale, ce qui a beaucoup fait rire les gens qui savent un peu de quoi ils parlent lorsqu'ils évoquent ce courant de pensée... Bref, le libéralisme a été au centre du débat européen, alors qu'en France, il n'a pas d'existence politique.
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TOUT LE MONDE SE PRETANT LIBERAL SANS SAVOIR DE QUOI IL PARLE. LE LIBERALISME N'EST PAS UN COURANT POLITIQUE DE DROITE OU DE GAUCHE ,MAIS UN MODELE ECONOMIQUE ET DONC SOCIAL.