LA CENSURE

Publié le 20 Août 2012

                        
Le Conseil constitutionnel a censuré la loi Gayssot
 

 

Quelle histoire !!! 
  Les gazettes nous ont donc expliqué que, le 28 février, le Conseil
 constitutionnel avait déclaré non conforme à la Constitution la loi
 réprimant la contestation du génocide arménien et, en conséquence, la loi a
 été annulée. Le Conseil a fondé sa décision sur le principe constitutionnel
 de la liberté d’expression.     S’il est vrai que la loi réprimant la contestation du génocide arménien
 est annulée, ce n’est là qu’une partie de la décision du Conseil et
 peut-être pas la plus importante... Mais ces mêmes gazettes ne nous ont
 guère éclairés sur ce point. Ces journalistes, qui se copient l’un l’autre,
 ne sont pas bien curieux ; ils n’ont sans doute pas lu intégralement la
 décision de la haute juridiction. Sinon ils se seraient aperçus qu’elle ne
 contient rien sur le génocide arménien en particulier ! Pas un mot ! Le nom "Arménie" et l’adjectif "arménien" ne s’y trouvent pas. Le terme "arménien"
 n’existe que dans l’intitulé de la loi d’origine parlementaire (mais
 inspirée par le gouvernement) sous cette forme :     "Proposition de loi portant transposition du droit communautaire sur la lutte contre le racisme et réprimant la contestation de l’existence du
 génocide arménien."
  Mais le Conseil, en répondant à la requête des députés et sénateurs
 contestant la loi, laisse tomber, d’emblée, "arménien" : "Considérant que
 les députés et sénateurs requérants défèrent au Conseil constitutionnel la
 loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides reconnus
par la loi..." "Génocides" est donc au pluriel. Il continue de la même
 manière pour déclarer son inconstitutionnalité : "Considérant qu'une
 disposition législative ayant pour objet de "reconnaître" un crime de
 génocide ne saurait, en elle-même, être revêtue de la portée normative qui
 s'attache à la loi ; que, toutefois, l'article 1er de la loi déférée réprime
 la contestation ou la minimisation de l'existence d'un ou plusieurs crimes
 de génocide "reconnus comme tels par la loi française" ; qu'en réprimant
 ainsi la contestation de l'existence et de la qualification juridique de
 crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le
 législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la
 liberté d'expression et de communication ; que, dès lors, et sans qu'il soit
 besoin d'examiner les autres griefs, l'article 1er de la loi déférée doit
 être déclaré contraire à la Constitution ; que son article 2, qui n'en est
 pas séparable, doit être également déclaré contraire à la Constitution:    
 "Article 1er.- La loi visant à réprimer la contestation de l'existence des
génocides reconnus par la loi est contraire à la Constitution."     Tandis
 que les parlementaires ne veulent considérer que le seul génocide
 arménien, le Conseil, lui, traite de tous les génocides reconnus par la loi.
 Or, dans nos lois, il n’y en a pas trente-six, il n’y a que celui des juifs.
 La haute juridiction ne pouvait guère faire autrement sinon elle aurait
 elle-même violé le principe constitutionnel d’égalité devant la loi en ne
 traitant pas de la même manière le génocide juif et celui des arméniens.
     Conclusion ? Vous l’avez deviné ! Désormais, toute poursuite pour
 négation du génocide des juifs, pour "négationnisme" ou "révisionnisme", au
 nom de la loi Gayssot de 1990, sera donc immanquablement annulée si le mis
 en examen dépose un recours en exception d'inconstitutionnalité, comme la
 loi le permet désormais à tout justiciable .   

  http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-d
  ecisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-647-dc/decision-n-20
 12-647-dc-du-28-fevrier-2012.104949.html 
              
                         
                 
                 La repentance n'est donc plus obligatoire

Rédigé par moulin

Publié dans #La censure

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article