FINANCEMENT PUBLIC
Publié le 12 Juillet 2010
Affaire Woerth : tolérance zéro = zéro financement public de la vie politique et inéligibilité à vie des élus fraudeurs
Après la multitude de scandales éclaboussant une fois de plus la vie politique, le Parti Libéral Démocrate exige que soit appliquée la tolérance zéro. Une démocratie saine exige des élites responsables et exemplaires, nous en sommes loin. La moindre des choses serait de suspendre les versements d’argent public à l’UMP cette année. Mais nous devons aller plus loin : zéro financement des partis politiques français par le contribuable. Rappelons que les règles extrêmement strictes instituées successivement par le PS et l’UMP pour encadrer le financement de la vie politique sont implicitement destinées à brider tous les partis concurrents. Ces deux partis se sont octroyés un financement public récurrent considérable qui facilite leur maintien au pouvoir, aux échelons locaux et nationaux. Aujourd’hui, le PS et l’UMP bénéficient respectivement de 19 et de 32 millions d’euros d’argent public chaque année, et leurs candidats peuvent faire toutes leurs campagnes électorales sans avoir à débourser un centime de leur poche. Ce n’est plus acceptable.
Les réformes du financement des partis politiques, depuis 1988, étaient censées aboutir à une plus grande transparence. Nos parlementaires se sont offerts dans la foulée une double autoamnistie générale de leurs antécédents de financements frauduleux. L’illusion que des flots d’argent public rendent vertueux les partis a fait long feu. A la veille d’une nouvelle affaire, celle des pots de vin à Karachi, les scandales récents (qualifiés de simples négligences par les intéressés) et l’affaire Eric Worth confirment l’inutilité des lois sur le financement de la vie politique. Ministres et élus des partis de pouvoir mènent allègrement grand train sur le dos du contribuable, pendant que des mécènes intéressés continuent à financer illégalement leurs partis et leurs campagnes.
Hier, deux tiers des Français estimaient leur classe politique corrompue. Si le versement en liquide de nombreux dons à des candidats de droite, notamment les 150.000 euros reçus par le trésorier de l’UMP Eric Woerth pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy, est avéré, ce sont 100 % des Français qui jugeront notre vie politique nationale vérolée. Et ils auront raison. Quand bien même cette affaire relève de la justice, et mérite d’être traitée en respectant le principe de présomption d’innocence, son contexte et les évènements passés justifient une remise en cause des fondements de la vie politique française.
Le Parti Libéral Démocrate dénonce une double erreur dans le financement des partis politiques français. Leurs ressources essentiellement publiques déresponsabilisent les acteurs politiques en les éloignant de leurs membres et de l’électorat. D’autre part, le plafonnement des dons à 7.500 euros pour les partis, et à 4.600 euros pour les campagnes des candidats, favorise la corruption et l’opacité. Pour une plus grande transparence du monde politique, nous demandons qu’à l’instar des grandes démocraties occidentales, le financement des partis politiques repose essentiellement sur les adhésions et les dons sans plafond, mais qui devront être déclarés au-delà d’un seuil sensible. Enfin, nous rappelons notre souhait de rendre inéligibles à vie les élus condamnés dans des affaires de financement illicite, de détournement de fonds publics ou de corruption. C’est à ce prix que notre classe politique pourra retrouver la confiance des Français.
Source:www.partiliberaldemocrate.fr

