EMPLOI SPECIALISE
Publié le 27 Mars 2012
Le passage du fil de cuivre à la fibre optique est un impératif national.
Il est regrettable de constater que notre région Languedoc-Roussillon est signée un contrat avec France-Télécom nous coûtant plus de 52 millions d'euros et basé sur le fil de cuivre malgré plusieurs informations des spécialistes informant que le fil de cuivre était une technique dépassée et dont elle est informée depuis de nombreuses années.
Le mail de Pierre Ygier nous donne tous les impératifs et avantages à tirer de la fibre optique:
Le « changement » du réseau cuivre (réseau téléphonique) par un réseau de fibre optique s’impose. La fibre optique est en effet le seul support capable de prendre en compte les évolutions exponentielles des contenus qui vont faire « exploser » les réseaux existants !
Ce « changement » a bien été engagé mais, devant les lenteurs et les incohérences du plan national très haut débit et l’apparition d’une nouvelle fracture numérique entre villes et campagnes il est urgent de « changer » de cap
Le modèle choisi de « concurrence par les infrastructures » ne peut être viable. Il est objectivement une entrave à la vraie concurrence, celle sur les services. Qui plus est, il est en totale contradiction avec les impératifs spécifiques des réseaux de télécommunications. Ces réseaux sont beaucoup plus complexes à construire et surtout à exploiter que les réseaux traditionnels (électricité, eau,fer, routes ); Ils doivent être inter opérables, fortement évolutifs avec un taux de disponibilité maximum pour permettre l’utilisation acceptable des nouveaux services, applications et usages qui vont transformer notre mode de vie. Ces spécificités sont difficilement compatibles avec l’existence d’une multitude d’opérateurs, privés et publics ( collectivités territoriales) qui ne seraient pas « pilotés » par un aménageur public !
Dans le modèle actuel les collectivités territoriales ont un rôle essentiel, mais, si ce rôle a permis de « booster » les opérateurs pour lancer le Très Haut Débit il doit impérativement être redéfini pour un déploiement généralisé. Laisser chacun dans son territoire faire réaliser des projets par des ensembliers/installateurs serait très risqué. L’échec est programmé d’avance. Il est aberrant en terme d’optimisation des coûts fixes, de réalisation et d’exploitation, des délais, des technologies, de multiplier les projets partout en France, sans parler des compétences et des moyens en fonction des régions. Chacun doit rester dans son rôle :l’Etat pour impulser une volonté politique forte, trouver les financements par une loi de péréquation financière sur tout le territoire, les Collectivités Territoriales pour définir les priorités dans leur territoire, participer aux financements, permettre un déploiement harmonieux.
La construction et l’exploitation du Très Haut Débit doivent être gérées par un organisme national, ayant une approche globale, toutes les compétences, les moyens et l’organisation pour mener à bien au meilleur coût et au plus vite ce grand projet.
Seule une structure indépendante, créée, par exemple, au sein de France Telecom, comme nous le suggérions ICI et LA disposerait actuellement de tous les moyens et des compétences nécessaires et permettrait un démarrage immédiat et généralisé du déploiement du THD dans les zones les moins denses. Ces zones, qui ont le plus besoin de très haut débit, ne sont pas les seules « touchées ». Le très haut débit est en panne partout !
1-Pourquoi une France numérique forte ?
L’économie numérique, secteur le plus dynamique de l’économie mondiale représente désormais plus de 25 % de la croissance mondiale. Les investissements dans l’économie numérique sont identifiés comme les plus productifs, parce qu’ils accroissent la compétitivité de l’ensemble des autres secteurs de l’économie. En France, cet investissement est deux fois plus faible qu’aux États-Unis, et trois fois plus faible que dans les pays d’Europe du Nord, au Japon ou en Corée. Les emplois de l’économie numérique sont peu dé localisables : les réseaux de télécommunications, leur installation, leur gestion, ne sont pas « déplaçables ». Pour le cabinet Coe Rexecode qui a travaillé, entre autres, pour la préparation du G8, « Un investissement annuel de 2 milliards d’euros dans le déploiement de la fibre optique conduirait à un accroissement du potentiel de croissance français d’au moins 0,2 point par an. Ce supplément de croissance, de l’ordre de 4 milliards d’euros par an, montre que l’analyse coûts bénéfices de ces investissements est largement positive. Pour que l’économie française puisse en bénéficier rapidement, il est souhaitable que les conditions de réalisation de ces investissements soient satisfaites au plus vite »
2-Les « fondations » d’une France numérique forte.
Les fondations d’une France numérique forte sont à l’évidence les infrastructures en fibre optique .L’infrastructure crée de la valeur. Elle doit couvrir tout le territoire pour optimiser l’ « atout espace » de notre pays . Avec l’installation de citadins en mal de campagne dans des " campagnes intelligentes " c’est l’ensemble du territoire qui participera à ce vaste effort d’innovation indispensable à une « France forte » ! En France une stratégie fibre volontariste créerait de nombreux emplois indirects pérennes . Contrairement à la construction des réseaux traditionnels la construction de réseaux numériques crée en effet 20% d’emplois directs et 80% d’emplois indirects !
3-Les « matériaux » pour construire ces fondations :
Ces « matériaux » sont potentiellement disponibles en France, premier producteur de fibres optiques d’Europe.
La décision politique de construire la « maison fibre France » consoliderait cette place de leader en créant de nombreux emplois dans l’industrie, la recherche, la formation , le déploiement et l’exploitation des infrastructures. A l’inverse le rythme actuel de déploiement fragilise la filière à laquelle elle fait courir de nombreux risques : risque sur le maintien de l’outil industriel et de l’emploi direct, risque sur la pérennité des savoir-faire français et européen, risque sur l’emploi lié au déploiement et qui n’est pas dé localisable, risque sur la capacité de l’économie numérique à créer de nouveaux services, applications et usages, risque sur la croissance et l’emploi en général. Avec une stratégie fibre digne de ce nom la France s’affranchirait de la logique ultra-libérale dont on peut constater les dégâts dans plusieurs domaines. Notre pays pourrait dés lors espérer être suivi par ses voisins , « exporter » son savoir faire chez ceux qui adopteraient des stratégies similaires....et pourquoi pas, être le « déclencheur » d’un grand (et nécessaire !) programme d'investissement au niveau européen pour le très haut débit,?
L’aménagement numérique du territoire est d’abord un problème politique. Nous avons écrit maintes fois que la parole était aux parlementaires pour voter une loi de type de celle votée par leur prédécesseurs pour l’électricité. A l’occasion des vœux nous avons insisté sur l’importance du vote...pour la fibre !
Nous demandons aujourd’hui à tous les candidats à l’élection présidentielle de faire des propositions concrètes. Ils ne semblent pas jusqu’ici nous avoir entendus. Certes les paroles sont là , à l’instar de celles de Nicolas Sarkozy pour ne prendre qu’un exemple ("Je veux faire de la France d’ici cinq ans le pays le plus avancé dans la révolution écologique et la révolution numérique. L’enjeu est le même aujourd’hui qu’au moment de la révolution industrielle, qu’à l’orée des Trente Glorieuses. Un nouveau modèle de croissance émerge : la France ne doit pas être en retard. Elle ne doit pas suivre le mouvement, elle doit le précéder !") mais les actes ne suivent pas si l’on en juge par la « perception » des Français (un sondage Ifop a demandé aux Français quel était le candidat qui, selon eux, incarnait le mieux “la société moderne à l’ère d’Internet”. 49% des interrogés estiment qu’aucun des candidats ne représente cette “société moderne. Un sondage de 01 NET est encore plus « cruel » ! à la question « les candidats sont-ils clairs avec leur politique numérique ? » 3 % des internautes répondent « oui », 65% non et 33 % n’en n’ont pas entendu parler ! )
En conclusion,Mesdames et Messieurs les candidats, ne nous parlez plus de croissance, d’innovation, de compétitivité, de ré industrialisation si vous ne vous donnez pas l’un des principaux moyens de concrétiser ces belles paroles !
Investir pour la croissance ? Oui, à condition de commencer par le principal vecteur de croissance, le numérique !
Pierre Ygrié
Auxillac le 21 mars 2012 ... premier jour d’un « printemps numérique » ?